C’est dans l’intimité du Glob Théâtre de Bordeaux que Jean Luc Terrade nous invite à partager celle de Beckett, ainsi que la reflexion existentielle de ses personnages dans Oh les beaux jours.
Un simple talus qu’on démonte, un bric-à-brac dans le sac, pas de faux ni de fioritures scéniques superflues dans la mise en scène de Jean Luc Terrade qui n’en néglige pourtant pas le caractère esthétique.
Fidèlement à Beckett, tout l’accent est mis sur le texte et la parole que Babeth Fouquet met en action, à travers le personnage de Winnie, réalisant une incroyable performance d’actrice. Pendant une heure parole trente, elle réussit à tenir le spectateur en haleine, débitant tout en finesse et en poésie ce flot de répondant et se suffisant à lui-même.
Du haut de son talus lui donnant des allures de diva déchue, elle s’interroge sur la condition humaine. Mais c’est aussi le public qu’elle semble questionner sur sa propre sur sa condition tantôt d’humain, tantôt de spectateur. Winnnie se sent observée mais c’est pourtant elle qui nous fixe droit dans les yeux du début à la fin. En effet, Jean Luc Terrade brise volontairement le quatrième mur, rallumant la salle pendant le spectacle. En révelant la technique du décor, la mise en place des comédiens, il instaure ainsi la distanciation. L’heure n’est plus à la fiction mais à la réflexion.
Emmanuelle
jmdevesa Said:
on 30 novembre 2009 at 06:34
Pierre Bourgeade avait un “faible” pour cette pièce. Il en a parlé avec justesse, à plusieurs reprises. Elle marque un tournant dans la sensibilité contemporaine. Beckett l’a écrite sur le cadavre de l’humanisme : souvenez-vous du bric-à-brac contenu dans le sac de Winnie…
Annabelle Said:
on 3 décembre 2009 at 11:23
Il n’est pas trop tard!
La pièce sera rejouée le 18 février 2010 au Galet à Pessac. Même metteur en scène, même comédienne…à ne pas râter !
pour plus de renseignements : Pessac en Scènes 05 56 45 69 14