Suspendue dans un songe

Le rideau s’ouvre sur un épais brouillard, dans lequel on distingue une jeune femme. Peu à peu ce brouillard envahit l’espace, effaçant les limites de la scène, effaçant les spectateurs des premiers rangs.
Et la danseuse d’avance vers moi. Je pourrais presque la toucher. Je pourrais presque aller danser avec elle.

Le silence se brise et le brouillard s’estompe. Une puissante voix sortie tout droit d’un opéra baroque m’invite à « jouir de la vie », une mélodie aérienne, des couleurs pastels. Partout des miroirs, qui donnent à la scène une profondeur nouvelle. Ils se déploient, tournent comme des manèges. Je pourrais presque les toucher, mais tout cela semble impalpable, immatériel.

Et cet homme et cette femme collés l’un contre l’autre, cherchant tout deux à imprégner l’autre de sa peau, à laisser une marque de son corps.

Le rideau tombe, les danseurs s’évanouissent et je me réveille. On me demande comment c’était.
Comme un rêve : ça n’appartient qu’à celui qui le voit.

Orianna

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